Série L'Immortelle

La Clef de cuivre

L’Immortelle

Tome 1 – La Clef de cuivre

Northumberland, Angleterre

Anna, vingt et un ans, fréquente la section Lettres de l'Université de Newcastle, aime sa famille et l'équitation, et est certes solitaire et introvertie, mais pense être une jeune femme tout à fait ordinaire, menant une vie tout à fait ordinaire.

Jusqu'à ce jour où elle tente de s'interposer dans une agression. Ne pouvant deviner à quelle force ténébreuse elle a affaire, elle se retrouve en bien mauvaise posture lorsqu'un homme aussi austère que séduisant la sauve, mais la séquestre par la suite dans son manoir grandiose d'un autre temps.

Entre surnaturel et intrigues divisant des clans ancestraux, elle va découvrir que le monde n'est pas ce qu'elle croyait et qu'un grand destin l'attend.

Tome 2 – Les Deux carrés de Polybe : printemps 2020

Tome 3 – Le Réveil du Troisième : hiver 2020-2021

 
 

Par tome : CHF 22.- / env. € 18,90  |  + frais de port

exemplaire dédicacé

 


« Je ne me suis pas lassée une fois. L’histoire est très prenante, les personnages attachants. Je trépigne d’impatience de suivre de nouveau les aventures d’Anna. C’est l’un de mes coups de cœur. »
Chronicle of the moon

« J’ai adoré ! L’univers est intéressant, l’intrigue prenante et la plume est superbe ! »
Samlor.en.livre

« J’ai adoré ce livre ! Marilyn Stellini a une plume qui est complètement addictive ! L’auteure nous embarque dans son univers qui est très original […] Les personnages de ce roman mon beaucoup plu. L’intrigue est très bien menée ! Il y a du suspense, de l’action, des rebondissements et bien sûr, de la romance. »
Lydiana Romance

« Vraiment une très belle découverte et un coup de cœur. »
Manon la bookeuse

« J'ai dévoré ce premier tome. Transportée par l'histoire d'Anna qui se trouve propulsée dans un monde certes fascinant mais dangereux. Humaine, altruiste, naïve mais pas idiote, elle fait ses premiers pas dans un univers où elle doit (re)découvrir ses amis, ses ennemis et sa famille. Je l’ai accompagnée avec plaisir et j'attends la suite avec impatience. »
Ben Mu


Extrait

 

— Tu as vu du sang ? me demande‑t-elle avec une excitation obscène.

— Sara, je ne te souhaite pas de voir ce genre de choses un jour ailleurs qu’au cinéma.

— Et toi, tu n’as pas été en danger, rassure-moi ? me demande‑t-elle en retrouvant la solennité qui convient à la situation.

— Non, lui mens-je. Prépare-toi, deux agents t’attendent en bas, ils te conduiront à Hexham et ils resteront dans les parages veiller sur vous, quelques jours, juste au cas où.

— Mais, et toi ?

Je réussis à la convaincre que je vais travailler sur le campus, ce qui n’est pas chose facile, Sara possède un détecteur à mensonges naturel terriblement affûté.

J'empaquète moi aussi quelques vêtements et suis ma sœur dans l’escalier. Je m'arrête faire une caresse à ma chatte endormie sur le canapé. Alienor passera s'occuper d'elle et de Timy.

— Qui c’est ? me demande Sara en désignant Elvin Lothian à travers la fenêtre.

— Un ami.

— Un ami ? répète‑t-elle en transformant mon assertion en interrogation.

L’ami la salue d’un hochement de la tête qu’elle lui retourne.

— Un ami, et seulement un ami, tranché-je. Il est temps d’y aller, maintenant, l’expédie-je ensuite, pour couper court à son interrogatoire.

La dernière chose que je souhaiterais, c’est que Sara devine mon attirance déplacée et totalement absurde pour Elvin Lothian. Elle se dirige vers les agents et, volubile, elle leur fait instantanément la conversation en racontant des choses futiles tout en sautant du coq à l’âne et en soulignant sa logorrhée de moulinets de mains. Je souris avec une tendresse qui me gonfle le cœur. Comment pourrait-on ne pas aimer Sara ? Elle monte en voiture et je la regarde s’éloigner en me sentant beaucoup mieux, maintenant qu’elle est à l’abri.

Peu importe ce qui peut m’arriver, tant que je sais les miens en sécurité. Désormais rassurée et me mettant en train, je prête de nouveau attention à mon chauffeur. Il est adossé nonchalamment à la portière de sa berline en m'attendant, imperturbable. Il me regarde de toute sa hauteur avec un très léger sourire au coin des lèvres, certainement en réaction à mon malaise, que je n’arrive pas à cacher malgré tous mes efforts. Cet homme est Apollon incarné. Tout, de sa stature et de ses muscles saillants à l’intransigeance de son regard profond comme la nuit, tout est la perfection même. J’aimerais tellement ne pas être subjuguée, mais c’est irrépressible.

J’essaie pourtant de me ressaisir, en me disant qu’il a peut-être une femme et des enfants, et que c’est un fait qui réfrènerait mes ardeurs. Avec toute la discrétion qu’il m’est possible, je vérifie d'un coup d'œil qu'il ne porte pas d'alliance. Il surprend toutefois mon regard, et, même s’il n’aurait pas pu deviner mes intentions, je pique un fard, plus gênée que jamais.

Ses lèvres s’étirent en un sourire franc, certes moqueur, comme d’habitude, mais également avec un certain amusement qui semble enfin adoucir un peu son hostilité.

Pour essayer de me redonner une contenance et retrouver une certaine dignité, je l’ignore en passant devant lui. Il me retient par le bras et plante son regard dans le mien. La chaleur de son contact sur mon épaule se répand en une onde lascive jusque dans mon ventre. Wow, qu’est-ce qui m’arrive ? Il me prend ma petite valise des mains et la range dans le coffre de la voiture ; c’était pour cette raison qu’il m’a arrêtée. Seulement, je remarque, juste une fraction de seconde, que ce contact l’a lui aussi troublé. Toujours en silence, je regagne le siège passager de sa berline en serrant les dents et en me promettant de garder la tête froide.

Malgré tout, sur le retour, j'observe Elvin le temps de quelques œillades à la dérobée. Il roule trop vite, selon ce qui semble être une habitude chez lui. Sa mine est fermée, pensive, et il ne m’accorde plus d’attention, ou du moins, s’y efforce‑t-il. Je détourne la tête moi aussi ; l’imiter semble une bonne idée. Le silence devient pesant, mais, heureusement, nous sommes presque arrivés. Il était temps. Je ne me rappelle pas m’être déjà sentie ainsi en la présence de quiconque.

Sitôt le véhicule arrêté, j’en sors avec empressement, dans un mouvement de fuite que je ne peux réprimer. Pourtant, en étant tout à fait honnête, je dois reconnaître que, même si c’est insensé et stupide, cette sensation douce-amère et ardente qui s’empare de moi en sa compagnie ne me donne pas envie de le fuir. C’est tout l’inverse. Elvin, qui lui aussi semble tendu, du moins plus que d’habitude, me précède sans un mot dans l'escalier pour déposer ma valise. Encore cette attitude de gentleman qui contraste avec sa rudesse. Lorsque je parviens à mon tour à la porte de la chambre, il n'y a plus de traces de lui. J'expire le souffle que je retenais sans m'en rendre compte et je m'effondre sur le lit…

Un ou deux jours, m’a‑t-on promis. Un ou deux jours. La patience n’est pas l’une de mes qualités premières, mais je tiendrai le coup.

— Bien, me dis-je tout haut, fais comme si c’était un charmant B&B et profite du décor !

L’idée me paraît en fait plutôt séduisante. Je commence, donc, par tirer parti de la superbe baignoire sur pied de la salle de bain baroque attenante à ma chambre.

*

— Alors, petite, tu as trouvé une lecture à ton goût ? m’interrompt l’odieux et magnifique Elvin de sa voix grave et sexy en diable.

Je sursaute, ne m’attendant pas à avoir de la compagnie. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’il s’efforce, même si c’était peu convaincant, d’être un tant soit peu aimable. Et puis, comment ça, « petite » ?

— Je ne vois pas ce que ça peut bien vous faire, lui lancé-je, ma voix moins vindicative que ce que j’aurais voulu.

Un peu intimidée, je me suis rendue dans la bibliothèque du manoir, puisque Ivy m’a invitée à l’explorer et emprunter autant d’ouvrages que je le souhaite. Elvin me trouble tellement que je lui tourne le dos ostensiblement, espérant l’inciter à partir. Je descends de l’échelle et, continuant de l’ignorer, j’entreprends la lecture du livre poussiéreux daté de 1887 et retraçant l’histoire des Lothian, que j’ai déniché sur la plus haute étagère. Ainsi, il s'agit d'une vieille dynastie anglaise…

— J’avais l’espoir que tu aies autre chose d’intéressant qu’un joli minois, mais il semble que je doive me résoudre à être déçu, déclare Elvin à voix basse, plus pour lui-même que véritablement à mon intention.

Intérieurement, je cille sous la pique, mais je ne relève même pas la tête et continue de l’ignorer. Après son attitude envers moi, que croyait-il ? Que j’allais lui ouvrir les bras sitôt qu’il se déciderait à ne plus se comporter comme un mufle ?

— Je n’en reviens pas qu’Ingham me demande une chose pareille, continue‑t-il de penser à voix haute comme si je n’étais pas là.

Il me contemple de haut en bas, visiblement très contrarié par ma présence, ou plutôt ma simple existence. Je soutiens son regard même si je ne me sens pas aussi confiante que ce que je veux montrer. Elvin finit par sortir de la pièce, sans un mot de plus.

Qu’est-ce que M. Lothian a bien pu demander à son frère ? Est-ce que ça me concerne réellement ? Peu importe, en fin de compte. Dans deux jours, je jetterai toute cette histoire aux oubliettes. Je replonge mon nez dans le vieil ouvrage biographique, qui s’avère extrêmement soporifique. Je m’aperçois, alors que je m’apprêtais à le refermer, que les prénoms des Lothian de l'époque sont les mêmes que les Lothian d’aujourd’hui. Est-ce que leurs prénoms seraient une tradition familiale un peu bizarre ?

 

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